Cheval l'dire à ma mère
Le choix du deuxième sujet
C’est bien beau, d’avoir réalisé un premier dessin… Mais l’idée ne consiste pas à le laisser, pauvre orphelin, agrafé sur un quelconque mur. Je voulais lui donner des petits frères. Je désirais également améliorer ma technique, que je trouvais trop rude. Il me fallait par conséquent trouver un autre modèle. Je souffre, en effet, d’une certaine incapacité à créer un dessin ex-nihilo. Ça n’a pas toujours été le cas, et, peut-être, en guérirais-je un jour. J’ai su créer des dessins esthétiques, mais non réalistes. Or, pour cette nouvelle aventure dans laquelle je me lançais, je voulais jouer une partition réaliste. D’où, en ce qui me concerne, modèle obligatoire. Il fallait donc trouver ce deuxième sujet, en répondant, en tout premier lieu, à une question fondamentale : série, ou pas ? Devais-je rester dans un univers de marines ou explorer d’autres sources d’idées.Considérant que l’intérieur de ma tête d’artiste est un vaste bazar, j’ai opté pour la seconde voie.
Réflexions sur la technique
Avant de ma lancer sur ce nouveau dessin, j’ai réfléchi à l’évolution vers laquelle je voulais tendre : éliminer, dans la mesure du possible, la visibilité du trait. Et, pour commencer à travailler dans cette direction, j’ai d’abord décidé de changer de support. J’ai mis de côté mon papier pour aquarelle, et je suis parti explorer les rayonnages de ma boutique préférée, jusqu’à arrêter mon choix sur une référence « Paint ON » de chez Clairefontaine, support multi-techniques lisse, en format A3, et grammage 250 g/m².
La recherche du modèle
Il ne me restait plus, pour me lancer, qu’à trouver une photo qui provoque, chez moi, le frisson d’envie nécessaire, l’étincelle qui fait déborder le vase, la goutte d’eau qui met le feu aux poudres, le petit truc en plus qui ne laisse pas de marbre… Comme il fallait quand même limiter le terrain de chasse, je me suis mis en tête de trouver une belle tête de cheval à reproduire. Dans l’idéal, j’aurais voulu trouver un portrait de Frison. J’ai passé des heures à chercher, sans trop de succès, jusqu’à tomber sur la photo d’un tableau représentant un buste de cheval. Bon, ce n’était pas un Frison, et le cadrage de l’image ne me convenait pas, mais l’émotion était présente. C’est ici que réside ma touche « créative », avant de commencer la technique : je ne reproduis pas l’image que je trouve telle quelle. Elle est pour moi une source d’inspiration au sein de laquelle je vais « créer » mon sujet, en modifiant le cadrage, le centrage, la lumière… Ensuite… De la patience, et un toucher léger, léger, léger…
