Il faut un début à tout
J’ai toujours gribouillé. Je me suis terriblement ennuyé, en classe, depuis le tout début du primaire jusqu’à la fin de mes études supérieures. Alors, pour passer le temps, j’ornais les marges de mes cahiers de petits crobards griffonnés au bic. Quand j’ai commencé à correspondre avec certaines demoiselles (et j’étais capable de consacrer à cette correspondance des heures entières normalement dévolues aux études), j’avais pour habitude de rédiger mes mots doux autour d’un dessin qui occupait le centre de ma feuille. Certaines de mes non-ex (je l’avoue, ma correspondance amoureuse s’est avérée peu efficace), si elles ne les ont pas jetés, possèdent peut-être, dans le fond de leur tiroir à secrets, l’un de ces bijoux du passé… Je passais des heures à osciller du dessin au texte, et du texte au dessin, en fonction de l’inspiration du moment.
Le déclic
Et puis, un jour, je suis tombé sur un post présentant des dessins réalisés par Mostafa Khodeir, un artiste égyptien, mondialement connu, qui pratique l’hyper-réalisme au stylo-bille. Alors j’ai commencé à fouiller, et je me suis rendu compte que des tordu(e)s capables de passer des heures à vider des Bic sur du papier, il y en a quand même quelques un(e)s. (Je mets en dessous de ce texte quelques images et des liens pour illustrer mon propos). Et je me suis dit : » pourquoi pas moi ? » J’ai acheté une pochette de quinze Bic Cristal bleus, un paquet de feuilles pour aquarelles, et roule ma poule !
Le choix du sujet
La décision est prise, le matériel est acquis. Reste à choisir un sujet. Je sais que, chez moi, l’art nait d’une émotion. J’aime les matières brutes, les vieilles pierres, les bateaux, surtout en bois, le corps féminin, les machines, les voitures les motos, les, les, les… Plein de trucs, en fait. Alors j’ai erré, sur le Net, en mode « images », jusqu’à tomber sur une photo d’une carcasse de vieux bateau de travail en train de pourrir sur une grève. Là, j’ai senti naître l’envie. J’ai recentré l’image pour diminuer l’environnement au profit de l’épave, et je me suis lancé sur ce qui devait devenir mon premier « vrai » dessin au stylo bille.
